Mars: Déçus par les luttes
fratricides, au sein du mouvement national, d'anciens militants de l'OS
créent le Comité Révolutionnaire d'Unité et
d'Action ( C.R.U.A) composé de neuf membres: Mostefa Ben Boulaid,
Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M'hidi, Mourad Didouche, Krim Belkacem, et Rabah
Bitat pour l'intérieur, et Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella,
Mohamed Khider pour la délégation extérieure.
Octobre: Création du Front de
Libération Nationale (FLN) qui fixe le déclenchement de la
lutte armée au 1er novembre 1954.
1er novembre: Proclamation
du FLN, au peuple algérien et aux militants de la cause nationale,
fixant les objectifs de la lutte armée pour l'indépendance
nationale par la restauration de l'Etat algérien souverain.
5 novembre: Dissolution du PPA-MTLD.
24 novembre: François Mitterrand,
ministre de l'Intérieur, prône le recours à la force.
22 décembre: Arrestation de
dirigeants du MTLD, Messali Hadj crée le MNA ( Mouvement National
Algérien).
1955
Janvier: Jacques Soustelle est nommé
gouverneur général de l'Algérie.
Avril: L'Etat d'urgence est instauré
en Algérie par les autorités françaises.
Conférence Afro-Asiatique de Bandoeng: Présence de la délégation
du FLN dirigée par Hocine Aït Ahmed. La conférence exprime
sa solidarité avec l'Algérie combattante.
Mai: Les effectifs de l'armée
française en Algérie sont portés à 100 000
hommes.
Juillet: Congrès constitutif
de l'Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens
( UGEMA)
Les centralistes du MTLD ( membres du comité central) rejoignent
le FLN.
Septembre: Première manifestation
des appelés du contingent.
Transfert en Algérie de centaines de travailleurs algériens
arrêtés en France.
L'hebdomadaire "France Observateur" publie un reportage réalisé
dans les maquis par Robert Barrat qui révèle les conditions
politiques exigées par le FLN pour un cessez-le feu. Le journal
est saisi et R.Barrat arrêté.
Inscription de la question algérienne à la 10ème
Assemblée Générale de l'ONU.
Grève des commerçants à Alger à la veille de
l'ouverture de la cession de l'ONU.
Le FLN dénonce la tenue des élections en Algérie.
Les élus de l'UDMA se démettent de leurs mandats électifs
et se prononcent pour "une république algérienne démocratique
et sociale". Les élus du MTLD encore libres se retirent des conseils
municipaux.
1956
Janvier: l'UDMA de Ferhat Abbas rejoint
le FLN.
Les Oulémas exigent "la libre existence de la Nation Algérienne,
son Gouvernement National, son Assemblée Souveraine".
Le comité d'action des intellectuels contre la poursuite de la guerre
organise un meeting avec J.Amrouche, R.Barrat, A.Césaire, J.P.Sartre…"Que
la France reconnaisse le fait algérien…l'exigence d'un peuple à
devenir officiellement une Nation".
Février: Déclaration
du FLN au journal "Le Monde": propositions pour un cessez-le-feu.
Guy Mollet est accueilli à Alger par des manifestations d'hostilité
des européens d'Algérie. Il déclare que "la France
doit rester en Algérie et elle y restera". Le général
Catroux, ministre résidant en Algérie démissionne,
Robert Lacoste le remplace.
Les Oulémas rejoignirent le FLN qui rejette le MNA et toute tentative
de division des rangs des combattants pour l'indépendance.
Création de l'Union Générale des Travailleurs Algériens
(UGTA) avec à sa tête Aïssat Idir.
Mars: Vote des pouvoirs spéciaux
par l'Assemblée Nationale française au gouvernement Guy Mollet.
19 mai: L'UGEMA lance un mot d'ordre
de grève pour une durée illimitée et invite les étudiants
et les intellectuels à rejoindre le FLN et l'ALN.
Le FLN renouvelle son offre de paix dans le cadre d'une reconnaissance
solennelle du droit à l'indépendance de l'Algérie
et de l'exercice de la souveraineté nationale par l'ensemble du
peuple algérien, sans distinction de race ni de religion.
Juillet: Les effectifs de l'armée
française en Algérie sont portées à 400 000
hommes.
En réponse au mémorandum du FLN, qui leur a été
adressé, Tito, Nasser et Nehru condamnent, à Brioni, la politique
française en Algérie.
Grève nationale en Algérie largement suivie.
20 août: Le Congrès historique
de la Soummam adopte la plate-forme du FLN qui définit les buts
de la guerre, fixe les conditions du cessez-le-feu, des négociations
de paix avec, comme seul et unique représentant du peuple algérien,
le FLN; il élabore la stratégie de lutte armée pour
l'indépendance, primauté du politique sur le militaire et
de l'intérieur sur l'extérieur, découpage du territoire
National en six wilayas, désignation d'un Conseil National de la
Révolution Algérienne (CNRA) et d'un Comité de Coordination
et d'Exécution (CCE).
Septembre: Création de l'Union
Générale des Commerçants Algériens (UGCA) qui
préconise des négociations avec le FLN.
22 octobre: Détournement par
les autorités militaires françaises de l'avion marocain transportant
plusieurs dirigeants du FLN:Aït Ahmed, Ben Bella, Boudiaf, Khider,
Lacheraf. L'opinion internationale est outrée par ce premier détournement
d'avion de l'histoire de l'aviation civile.
1er novembre: A l'occasion
du deuxième anniversaire du déclenchement de la lutte armée,
grève générale massivement suivie.
1957
Janvier: La radio "La voix de l'Algérie
libre et combattante" appelle à la grève "des huit jours".
Largement suivie, elle a permis d'informer l'opinion internationale et
l'ONU de la volonté d'indépendance du peuple algérien
et de son représentant le FLN.
Février: Arrestation de dirigeants
de la Fédération de France du FLN qui compte en France plus
de 20 000 membres.
Mars: Larbi Ben M'hidi est assassiné
par les parachutistes du colonel Bigeard après avoir été
torturé.
21 mai: Démission du gouvernement
Guy Mollet.
Juin: Le gouvernement Bourgès-Monory
est investi.
Août: Le CNRA se réunit
au Caire, en session ordinaire, sous la présidence de Ferhat Abbas.
D'importants changements sont apportés à la plate-forme de
la Soummam:
Elargissement du CCE aux cinq dirigeants incarcérés en France.
Pas de primauté du politique sur le militaire, ni de différence
entre l'intérieur et l'extérieur
Le but de la Révolution Algérienne demeure l'institution
d'une République Démocratique et Sociale qui ne soit pas
en contradiction avec les principes fondamentaux de l'Islam.
Décembre: assassinat de Abane
Ramdane, principal organisateur du Congrès de la Soummam.
1958
Janvier: l'UGEMA est dissoute par les
autorités françaises.
Avril: Les footballeurs professionnels
algériens opérant dans les clubs français rejoignent
Tunis pour constituer l'équipe nationale du FLN.
13 mai: L'armée Française
prend le pouvoir en Algérie et crée le "comité
de salut public".
15-16 mai: De Gaulle déclare
qu'il "est prêt à assumer les pouvoirs de la République".
L'assemblée nationale française vote l'état d'urgence
en France.
1er juin: Le Général
De Gaulle est nommé président du Conseil par le Président
René Coty.
25 Août: En France, "Le FLN passe
à l'action visant des objectifs économiques et militaires
sur tout le territoire français: commissariats et unités
de production de munitions attaqués, dépôts de carburant
incendiés, voies ferrées sabotées, raffineries en
flammes...". Dans une déclaration, le FLN "décide la destruction,
partout où il se trouve, du potentiel de guerre ennemi et particulièrement
de ses réserves en carburant".
Septembre: Le CCE, réuni au
Caire, décide de la création d'un Gouvernement Provisoire
de la République Algérienne (GPRA) présidé
par Ferhat Abbas. Les cinq dirigeants incarcérés en France
en font partie.
Dans une interview à El Moudjahid, le Président du GPRA,
Ferhat Abbas, déclare: "Le GPRA est prêt à mettre fin
à l'épreuve de force en Algérie. Il est prêt
à rencontrer les délégués du gouvernement français
pour déterminer les conditions militaires et politiques d'un cessez-le-feu
(…) mais si le gouvernement français préfère manœuvrer
et essayer de duper une fois de plus notre peuple, ses manœuvres seront
encore déjouées comme celles des gouvernements qui l'ont
précédé…".
Octobre: Le FLN rejette la "paix des
braves" du Général De Gaulle mais maintient la porte ouverte
à des négociations sérieuses.
Décembre: Ouverture à
l'ONU du débat sur la question algérienne. Une résolution
en faveur de l'Algérie recueille 35 voix. Les USA s'abstiennent
pour la première fois.
1959
Mars: Un rapport du FLN sur la politique
du Général De Gaulle, en Algérie, est adressé
au groupe africain de l'ONU.
Avril: De Gaulle déclare "L'Algérie
de papa est morte".
Août: A laConférence
de Monrovia, à laquelle prend part le GPRA, reconnu par plusieurs
pays africains, le drapeau algérien est hissé à côté
de ceux des pays indépendants d'Afrique .
16 parlementaires démocrates US demandent des négociations
en Algérie.
Septembre: Par la voix de Ferhat Abbas,
le GPRA répond à De Gaulle. "Le GPRA reste dépositaire
et garant des intérêts du peuple algérien. Le retour
à la paix ne peut se faire qu'avec son accord. Il demande des garanties
sur les conditions politiques et militaires de l'autodétermination".
Le Général De Gaulle s'engage à organiser le référendum
sur l'autodétermination du peuple algérien.
Fin 1959: Le collectif des avocats
du FLN en France a déjà fait beaucoup fait parlé de
lui. Plusieurs de ses membres ont fait l'objet de menaces, Maître
Ould Aoudia est assassiné à Marseille par la "Main Rouge".
1960
Janvier: Réuniondu CNRA
à Tripoli. Il prend acte de la reconnaissance du droit du peuple
algérien à l'autodétermination et confirme sa confiance
au GPRA pour ouvrir des pourparlers sur cette base. Le GPRA est remanié,
le colonel Houari Boumediene est nommé chef d'Etat-major de l'ALN.
Février: Appel de F.Abbes aux
Européens d'Algérie pour bâtir ensemble la République
Algérienne.
Juin: Contacts franco-algériens
à Melun.
Déclaration commune des syndicats CGT, CFTC, FEN, UNEF en faveur
des négociations avec le GPRA.
Conférence des Chefs d'Etat africains à Addis-Abeba. Présence
d'une délégation algérienne.
Septembre: Procès à Paris
des membres du réseau "Jeanson" de soutien au FLN. Jean Paul Sartre
envoie une lettre au tribunal.
A l'initiative de J.P.Sartre et d'intellectuels français, publication
du manifeste dit des "121"sur le droit à l'insoumission en Algérie.
Octobre: F.Abbas à Pékin
et Moscou. L'URSS reconnaît le GPRA le 7 octobre. Krim Belkacem dirige
une mission du GPRA auprès des Nations Unies. A la fin de la 15ème
session, 63 pays se prononcent pour l'autodétermination du peuple
algérien.
Raffles monstres d'Algériens à Paris et en banlieue.
11 décembre: Manifestations
populaires à Alger de soutien au FLN et au GPRA, et pour l'indépendance
de l'Algérie.
1961
Janvier: Les français, par référendum,
se prononcent pour le droit à l'autodétermination du peuple
algérien.
Rencontre à la frontière franco-italienne entre Saâd
Dahlab, ministre des affaires étrangères du GPRA, et Louis
Joxe, ministre d'Etat français, chargé des affaires algériennes.
Le GPRA renouvelle son offre de négociations.
Février: Entretiens Boumendjel/Pompidou
en Suisse.
Avril: De Gaulle se déclare
"persuadé que l'Algérie sera un Etat souverain au dedans
et au dehors" et évoque "les conséquences d'une rupture".
A Alger: putsch des généraux de l'armée, activité
des groupes terroristes de l'OAS.
Mai: Ouverture de la conférence
d'Evian entre les délégations du gouvernement français
et du GPRA.
Août: 4ème
session du CNRA à Tripoli. Nouvelle composition du GPRA: Ben Youcef
Ben Khedda succède à Ferhat Abbès.
Septembre: Participation du GPRA à
la conférence de Belgrade, des Etats du tiers monde, qui consacre
le soutien à l'Algérie.
6 octobre: Instauration d'un couvre-feu
à Paris et en région parisienne aux seuls algériens,
de 20 h 30 à 5 h 30 du matin, avec fermeture à 19 heures
des débits de boissons tenus et fréquentés par les
algériens.
17 octobre: Manifestations pacifiques
de plusieurs dizaines de milliers d'algériens qui défilent
dans les artères parisiennes. La répression sera brutale
: des dizaines de morts, des centaines de blessés et plus de 10
000 arrestations. Des corps sont jetés dans la Seine (voir dossier
spécial AE octobre 1999).
Novembre: Les détenus politiques
algériens dans les prisons françaises déclenchent
une grève de la faim qui durera trois semaines.
1962
Février: Le processus de négociations
s'accélère, rencontre entre des représentants du GPRA
et du gouvernement français au village des Rousses (Jura).
Réunion extraordinaire du CNRA à Tripoli qui approuve le
projet d'accords et mandate le GPRA pour conclure les négociations.
A Paris, à l'appel des syndicats et de partis politiques, manifestation
contre les exactions de l'OAS. Violente réaction de la police: 8
morts et plus de cent blessés au métro Charonne.
Mars:. A l'issue des négociations
de la Conférence d'Evian, un accord de cessez-le-feu est signé
et entre en vigueur le 19 mars à 12 heures.
Libération des cinq dirigeants incarcérés en France:
Aït Ahmed, Ben Bella, Bitat, Boudiaf, Khider.
Avril: Référendum sur
les Accords d'Evian. Inscrits: 27 millions; Votants: 19 millions; "oui":
17,5 millions; "non": 1,8 million.
1er juillet: Référendum
d'autodétermination en Algérie.
3 juillet: De Gaulle, Président
de la République Française reconnaît l'indépendance
de l'Algérie.
5 juillet: Proclamation de l'indépendance
nationale. Le peuple algérien en liesse fête sa liberté
et son indépendance retrouvée.